# Combien de voitures peut-on posséder légalement ?

La passion automobile pousse de nombreux Français à constituer des collections impressionnantes de véhicules. Certains accumulent plusieurs modèles pour des raisons pratiques, tandis que d’autres cherchent à préserver des pièces de patrimoine roulant. Cette pratique soulève naturellement des interrogations concernant les limites légales et les obligations qui en découlent. Contrairement à certaines idées reçues, la législation française n’impose aucune restriction chiffrée sur le nombre de véhicules qu’un particulier peut détenir. Toutefois, cette liberté s’accompagne d’une série de responsabilités fiscales, assurantielles et administratives qu’il convient de maîtriser parfaitement pour éviter toute complication.

Cadre juridique français et absence de limitation chiffrée dans le code de la route

Le Code de la route français ne contient aucune disposition limitant le nombre de véhicules qu’un particulier peut posséder simultanément. Cette absence de restriction découle d’un principe fondamental : la liberté de propriété garantie par le droit civil. Vous pouvez donc légalement acquérir et conserver autant d’automobiles que vos moyens vous le permettent, qu’il s’agisse de véhicules utilitaires, de tourisme ou de collection. Cette liberté s’applique indifféremment aux voitures neuves et d’occasion, aux deux-roues motorisés et aux véhicules de loisirs.

Néanmoins, cette absence de plafond légal ne signifie pas une totale liberté d’action. Les autorités administratives surveillent particulièrement les situations où un particulier pourrait être soupçonné d’exercer une activité commerciale déguisée. Si vous détenez un nombre excessif de véhicules et effectuez des transactions fréquentes, l’administration fiscale pourrait requalifier votre statut en professionnel du négoce automobile. Cette requalification entraînerait des obligations déclaratives et fiscales bien plus contraignantes, notamment l’immatriculation au registre du commerce et l’assujettissement à la TVA.

La distinction entre collectionneur privé et marchand professionnel repose sur plusieurs critères cumulatifs : la fréquence des achats et reventes, l’intention spéculative, la mise en œuvre de moyens publicitaires, et la régularité des opérations. Un passionné qui renouvelle occasionnellement sa collection personnelle ne sera pas considéré comme un professionnel, contrairement à celui qui achète systématiquement pour revendre dans un délai court. Cette nuance juridique reste fondamentale pour préserver votre statut de particulier et éviter les complications administratives associées au commerce de véhicules.

Obligations fiscales liées à la détention de véhicules multiples

La possession de plusieurs véhicules génère des obligations fiscales spécifiques qui varient selon la nature des automobiles détenues. Chaque véhicule immatriculé à votre nom engendre des coûts fiscaux distincts qui s’additionnent rapidement lorsque le parc automobile s’étoffe. La compréhension précise de ces mécanismes financiers s’avère indispensable pour anticiper le budget nécessaire à l’entretien d’une collection conséquente.

Calcul et paiement de la taxe sur les certificats d’immatriculation pour chaque véhicule

Lors de l’acquisition de chaque nouvelle voiture, vous devez vous acquitter de la taxe régionale sur le certificat d’immatriculation, communément appelée taxe sur la carte grise. Le montant de cette taxe varie considérablement selon votre région de résidence, la pu

issance fiscale du véhicule (puissance en chevaux fiscaux), son type de motorisation et son niveau d’émissions de CO2. À cela peuvent s’ajouter, selon les cas, la taxe parafiscale pour la gestion des certificats d’immatriculation, ainsi que d’éventuelles surtaxes pour les véhicules puissants ou fortement émetteurs. Concrètement, chaque nouvelle carte grise représente un coût fixe ou presque, que vous déteniez une seule voiture ou une dizaine : plus votre parc automobile est large, plus la facture globale de cartes grises augmente.

Il est donc judicieux, lorsqu’on commence à collectionner ou à multiplier les véhicules, de simuler le coût de la carte grise avant chaque acquisition. Les simulateurs régionaux ou les outils proposés sur le site de l’ANTS permettent d’anticiper les dépenses liées à la taxe sur le certificat d’immatriculation. Cette démarche évite les mauvaises surprises, notamment pour les véhicules anciens importés, dont la puissance fiscale ou le statut particulier (collection, import hors UE, etc.) peuvent sensiblement faire varier le montant dû.

Déclaration des véhicules de collection et exonération de la taxe régionale

Les véhicules bénéficiant de la mention véhicule de collection sur la carte grise obéissent à un régime fiscal légèrement différent. Dans certaines régions, ces automobiles de plus de 30 ans peuvent être partiellement ou totalement exonérées de la taxe régionale lors de l’immatriculation. Cette exonération, lorsqu’elle existe, ne dispense toutefois pas du paiement des taxes fixes (taxe de gestion, redevance d’acheminement) qui restent dues pour chaque carte grise collection.

Pour profiter de ce régime plus favorable, vous devez déclarer le véhicule comme véhicule de collection lors de la demande de certificat d’immatriculation, en produisant les justificatifs nécessaires (attestation du constructeur ou de la FFVE, ancien titre étranger, etc.). Cette démarche est particulièrement intéressante pour les collectionneurs qui souhaitent posséder légalement plusieurs voitures anciennes sans voir le coût des certificats d’immatriculation devenir prohibitif. Toutefois, il convient de bien vérifier, région par région, les règles applicables, car la politique d’exonération n’est pas uniforme sur tout le territoire.

Taxe annuelle sur les véhicules de société (TVS) pour les professionnels

La question du nombre de voitures que l’on peut posséder légalement se pose aussi pour les entreprises et indépendants. Dès lors qu’un véhicule est immatriculé au nom d’une société ou utilisé dans un cadre professionnel, il peut être soumis à la taxe annuelle sur les véhicules de société (TVS), désormais intégrée dans un dispositif plus large de taxation des émissions. Cette taxe concerne principalement les voitures particulières et assimilées, utilisées par l’entreprise, qu’elles soient détenues en propriété, en crédit-bail ou en location longue durée.

Plus une entreprise détient de véhicules, plus la facture de TVS grimpe, puisqu’elle est calculée en fonction du nombre d’automobiles, de leurs émissions de CO2 et, pour les modèles plus anciens, de la puissance fiscale. Un professionnel qui se constituerait une « collection » de véhicules au nom de sa société verrait donc ses charges fiscales augmenter significativement. C’est l’une des raisons pour lesquelles beaucoup de dirigeants choisissent de conserver leurs voitures de collection à titre strictement personnel, afin de rester en dehors du champ d’application de la TVS et des contraintes qui l’accompagnent.

Impact de la carte grise collection sur la fiscalité automobile

La carte grise collection n’est pas seulement un sésame administratif pour rouler avec une voiture ancienne : elle a aussi un impact fiscal. Outre la possibilité d’exonération partielle de la taxe régionale, ce statut peut permettre d’échapper à certaines mesures restrictives ou surtaxes liées aux véhicules récents très polluants. À l’inverse, il n’exonère pas automatiquement des nouvelles formes de fiscalité écologique ou des restrictions locales de circulation, notamment dans les grandes agglomérations et les zones à faibles émissions (ZFE).

Pour un collectionneur qui possède plusieurs véhicules historiques, il est donc important d’analyser, au cas par cas, l’intérêt d’opter ou non pour la carte grise collection. Dans certains cas, conserver une immatriculation « normale » peut rester pertinent, par exemple pour un usage plus intensif ou pour accéder à certaines zones urbaines. Dans d’autres, la mention collection offre une optimisation du coût initial d’immatriculation et clarifie le statut patrimonial du véhicule, ce qui peut être utile en cas de revente ou de transmission familiale.

Contraintes assurantielles pour la possession de plusieurs automobiles

Au-delà de la fiscalité, la véritable limite pratique au nombre de voitures que vous pouvez posséder légalement vient souvent de l’assurance auto. En France, tout véhicule terrestre à moteur destiné à circuler doit être assuré au minimum en responsabilité civile, qu’il roule tous les jours ou qu’il reste stationné dans un garage. Accumuler plusieurs véhicules implique donc d’additionner les contrats ou, au minimum, les garanties, ce qui nécessite une gestion rigoureuse et un budget adapté.

Les assureurs proposent toutefois des formules spécifiques pour les collectionneurs et les propriétaires de multiples véhicules. Il est possible, par exemple, de centraliser plusieurs contrats auprès d’une même compagnie pour bénéficier de remises, ou d’opter pour des produits dédiés aux véhicules de collection, souvent moins onéreux que des contrats classiques à garanties équivalentes. La clé consiste à adapter vos couvertures à l’usage réel de chaque voiture, plutôt que d’assurer toutes vos automobiles comme si elles roulaient au quotidien.

Contrats d’assurance auto multirisques et formules de garage pour véhicules stationnés

Si vous possédez plusieurs véhicules, vous n’avez pas forcément besoin de souscrire une formule tous risques pour chacun d’eux. Pour les voitures qui roulent peu, ou qui restent la plupart du temps entreposées, certaines compagnies proposent des formules dites de garage ou repos, limitant la couverture aux risques essentiels : incendie, vol, dégâts des eaux, bris de glace, voire dommages lors de manœuvres dans un local fermé. Ces contrats, moins coûteux, permettent de rester dans la légalité tout en maîtrisant vos dépenses.

Pour les véhicules d’usage courant (voiture familiale, véhicule professionnel, citadine du quotidien), une assurance auto multirisque reste souvent préférable, surtout si le véhicule est récent ou de valeur importante. Vous pouvez alors arbitrer entre plusieurs niveaux de franchise et d’options (assistance 0 km, véhicule de remplacement, protection du conducteur renforcée) en fonction de votre budget global et de la taille de votre parc automobile. En pratique, la combinaison de quelques contrats tous risques et de plusieurs formules garage est l’une des solutions les plus efficaces pour assurer légalement un grand nombre de voitures sans exploser votre budget.

Déclaration du conducteur principal et coefficients bonus-malus distincts

Un autre point essentiel, lorsque l’on détient plusieurs véhicules, concerne la déclaration du conducteur principal sur chaque contrat. L’assurance auto repose sur un système de bonus-malus individuel, attaché à un conducteur principal clairement identifié. Même si vous êtes propriétaire de toutes les voitures, vous ne pouvez pas « dupliquer » votre bonus sur l’ensemble des contrats sans respecter les règles de l’assureur. Certains acceptent de prendre en compte votre historique global de conduite, d’autres appliquent un coefficient distinct pour chaque contrat, en fonction du profil d’usage.

Si plusieurs membres de votre foyer conduisent vos différents véhicules, vous devez les déclarer comme conducteurs secondaires ou occasionnels, voire principaux quand cela correspond à la réalité. Tenter de contourner cette obligation exposerait à des difficultés en cas de sinistre (refus de prise en charge, application de déchéance de garantie). La meilleure stratégie consiste à discuter ouvertement avec votre assureur de votre situation : combien de voitures vous possédez, qui les utilise, à quelle fréquence. Vous obtiendrez ainsi une tarification adaptée et un schéma de bonus-malus cohérent avec votre parc automobile réel.

Solutions d’assurance au kilomètre pour véhicules occasionnels

Pour les véhicules qui roulent très peu, l’assurance au kilomètre ou pay as you drive peut s’avérer intéressante. Ce type de contrat prévoit un plafond annuel (5 000 km, 8 000 km, etc.) au-delà duquel une surprime s’applique. Tant que vous restez sous la limite, la prime reste réduite, ce qui convient parfaitement aux voitures plaisir sorties uniquement le week-end ou lors d’événements spécifiques. Pour un collectionneur qui possède plusieurs véhicules, ce mécanisme permet d’ajuster le coût d’assurance à la réalité de l’usage.

En pratique, vous devrez souvent installer un boîtier télématique ou transmettre régulièrement vos relevés de compteur à l’assureur. Cette contrainte peut sembler lourde, mais elle offre une grande transparence sur l’utilisation de chaque voiture. Si vous gérez correctement vos kilomètres, vous pourrez ainsi garantir la conformité légale de tous vos véhicules, tout en bénéficiant de primes significativement réduites par rapport à une assurance classique annuelle illimitée.

Gestion des attestations d’assurance et contrôle des échéances multiples

Posséder de nombreuses voitures implique de gérer autant de vignettes d’assurance, d’attestations et d’échéances contractuelles. Un défaut de paiement ou une résiliation pour non-paiement sur un seul véhicule peut avoir des répercussions sur votre relation globale avec l’assureur. Il est donc crucial de centraliser les informations (dates d’échéance, montants, garanties) dans un tableau ou un outil de gestion personnelle, afin de ne jamais laisser un véhicule sans couverture.

Vous pouvez, par exemple, demander à regrouper les dates d’anniversaire de vos contrats sur un ou deux mois dans l’année, pour simplifier le suivi. Certaines compagnies acceptent également de mettre en place un prélèvement mensuel unique englobant l’ensemble de vos assurances auto. Cette organisation vous évite les oublis et vous permet d’être en règle lors des contrôles routiers, puisque chaque véhicule doit disposer d’une attestation d’assurance valide, même s’il ne circule presque jamais.

Réglementations spécifiques aux collectionneurs et véhicules historiques

Les amateurs de véhicules historiques bénéficient d’un cadre particulier, pensé pour préserver le patrimoine automobile tout en assurant un minimum de sécurité et de traçabilité. Vous pouvez ainsi posséder légalement une flotte de voitures anciennes, pour peu que vous respectiez les règles propres à la carte grise collection et aux véhicules d’intérêt patrimonial. Ce régime, plus souple sur certains aspects, comporte néanmoins des contraintes qu’il faut appréhender avant de multiplier les acquisitions.

La question se pose souvent : mieux vaut-il faire passer tous ses véhicules anciens en collection, ou conserver certains en immatriculation classique ? La réponse dépend de l’âge, de l’usage prévu et de la valeur de chaque automobile. Comprendre les critères d’éligibilité, les restrictions de circulation et les démarches d’homologation vous aidera à structurer intelligemment votre collection, en conciliant passion, légalité et praticité.

Critères d’éligibilité à la carte grise collection pour automobiles de plus de 30 ans

Pour obtenir une carte grise portant la mention collection, le véhicule doit en principe avoir au moins 30 ans d’âge et présenter un intérêt historique ou patrimonial. Il ne doit pas avoir été modifié de manière importante par rapport à sa configuration d’origine (moteur, châssis, carrosserie), même si de légères adaptations de sécurité sont tolérées. L’administration exige également que le véhicule ne soit plus produit en série, ce qui est généralement le cas pour les modèles d’époque.

Concrètement, vous devez fournir, lors de la demande, un justificatif confirmant le caractère historique de la voiture : attestation du constructeur ou, plus fréquemment, attestation délivrée par la Fédération Française des Véhicules d’Époque (FFVE). Ce document détaille les caractéristiques d’origine du véhicule et confirme son intérêt patrimonial. Une fois la mention collection obtenue, vous pouvez conserver légalement ce véhicule dans votre parc, avec des obligations de contrôle technique souvent allégées (périodicité de 5 ans, par exemple) par rapport aux voitures récentes.

Restrictions de circulation et usage limité des véhicules d’intérêt patrimonial

Les véhicules de collection bénéficient parfois de dérogations aux restrictions de circulation, notamment dans certaines zones à faibles émissions. Toutefois, ces dérogations ne sont ni automatiques ni uniformes sur tout le territoire. Dans certaines métropoles, les arrêtés préfectoraux prévoient que les véhicules de collection, immatriculés comme tels, puissent circuler ponctuellement lors de manifestations ou d’événements spécifiques, mais pas nécessairement au quotidien. Il est donc essentiel de consulter la réglementation locale avant de sortir une voiture ancienne dans une grande agglomération.

D’une manière générale, le statut de véhicule de collection implique un usage plus limité et non professionnel : ces automobiles ne sont pas destinées à un usage intensif ou à du transport de marchandises. On peut les comparer à des œuvres d’art roulantes : vous pouvez en posséder autant que vous le souhaitez, mais leur usage sur route ouverte reste encadré. Si vous vivez dans une zone soumise à de fortes contraintes environnementales, cette distinction entre voiture de collection et véhicule du quotidien devient déterminante pour organiser concrètement l’utilisation de chacune de vos voitures.

Certificat de conformité FFVE et homologation des véhicules anciens

Pour certains véhicules anciens importés ou dépourvus de documents d’origine, le passage par la FFVE devient incontournable. Le certificat de conformité délivré par cette fédération tient lieu de base technique pour l’immatriculation en France en tant que véhicule de collection. Il recense les informations essentielles : année de fabrication, type, puissance, caractéristiques techniques. Sans ce document, il peut être très difficile, voire impossible, d’obtenir une carte grise, surtout lorsque le constructeur n’existe plus ou ne délivre plus d’attestations.

Lorsque vous projetez de constituer une collection comprenant plusieurs véhicules étrangers ou atypiques, anticipez ces démarches d’homologation. Chaque voiture devra faire l’objet d’un dossier distinct, avec des délais de traitement parfois longs. Comme pour un puzzle, chaque certificat de conformité FFVE est une pièce nécessaire pour que votre collection prenne forme légalement. Ne pas sous-estimer cet aspect administratif vous évitera de vous retrouver avec une voiture magnifique, mais impossible à immatriculer, donc inutilisable sur route.

Statut professionnel et détention de flottes automobiles privées

La frontière entre collection personnelle et activité professionnelle peut parfois devenir floue, surtout lorsque le nombre de voitures détenues augmente fortement. En droit, toutefois, ce n’est pas le volume qui prime, mais l’intention et l’usage : un particulier peut tout à fait posséder légalement une vingtaine de véhicules sans être considéré comme professionnel, dès lors qu’il ne les exploite pas à des fins commerciales. À l’inverse, un individu qui achète et revend régulièrement quelques voitures avec bénéfice risque d’être requalifié en marchand de véhicules.

Les entreprises, quant à elles, peuvent détenir de véritables flottes automobiles, à condition de respecter les obligations déclaratives, fiscales et sociales qui en découlent. La détention d’un parc professionnel (véhicules de service, de livraison, de démonstration) obéit à des règles spécifiques, notamment en matière de TVS, de comptabilisation des immobilisations et de sécurité des salariés. Il est donc important de distinguer clairement, sur le plan juridique et fiscal, ce qui relève de votre patrimoine privé et ce qui appartient à votre activité économique.

Distinction entre parc automobile professionnel et collection personnelle

La distinction repose d’abord sur le titulaire de la carte grise : si l’automobile est immatriculée au nom de la société, elle est en principe rattachée à l’activité professionnelle. Si elle est au nom d’une personne physique, avec un usage non commercial, elle entre dans le cadre d’une collection privée. Cette séparation peut sembler purement formelle, mais elle a d’importantes conséquences en termes de responsabilité, d’assurance et de fiscalité (amortissements, TVA, TVS, etc.).

Dans certains cas, un dirigeant d’entreprise choisit de conserver ses voitures de collection à son nom tout en les abritant dans des locaux appartenant à sa société. Cette organisation est légalement possible, à condition de bien documenter les relations entre le patrimoine privé et professionnel (contrat de mise à disposition de locaux, par exemple) et de ne pas utiliser ces véhicules à des fins commerciales déguisées. L’administration regardera notamment si les coûts liés à ces voitures sont déduits ou non des résultats de l’entreprise, ce qui pourrait remettre en cause le caractère purement personnel de la collection.

Carte de négoce et obligations des marchands de véhicules d’occasion

Dès lors que vous achetez et revendez des véhicules dans un but lucratif, avec une certaine régularité, vous devez vous déclarer comme professionnel du négoce automobile. Cela implique l’immatriculation au Registre du commerce et des sociétés, l’obtention d’un numéro SIRET, et souvent l’usage d’une carte de marchand ou carte de garage. Cette carte permet de circuler avec des véhicules destinés à la vente sans avoir à établir une nouvelle carte grise à chaque fois, ce qui simplifie la gestion d’un stock important.

En contrepartie, vous êtes soumis à des obligations renforcées : informations précontractuelles détaillées, garantie légale de conformité, obligations en matière de TVA et de comptabilité, respect des règles de publicité. Si vous possédez de nombreuses voitures et que vous en revendez régulièrement, renoncer au statut professionnel pour rester « simple particulier » peut constituer un risque important en cas de contrôle. La loi ne limite pas le nombre de voitures que vous pouvez posséder, mais elle encadre strictement le fait d’en faire un commerce régulier.

Réglementation des plates-formes de stockage et garages privés

Posséder un grand nombre de véhicules suppose de disposer d’espaces suffisants pour les entreposer. Si vous choisissez de louer ou d’exploiter une plate-forme de stockage, un hangar ou un grand garage privé, vous devrez respecter les règles d’urbanisme, de sécurité incendie et, le cas échéant, de prévention des risques industriels. À partir d’une certaine surface ou d’un certain volume de véhicules, les locaux peuvent être assimilés à un établissement recevant du public (ERP) ou à une installation classée, avec des normes spécifiques (issues de secours, extincteurs, ventilation, etc.).

Pour une simple collection personnelle stockée sur un terrain privé ou dans des garages individuels, ces contraintes restent généralement limitées, tant que vous ne recevez pas de public et que vous ne transformez pas votre passion en musée ouvert. En revanche, dès que vous commencez à organiser des visites, des expositions payantes ou des événements, un changement de statut peut être nécessaire. Comme souvent, la limite ne tient pas au nombre de voitures possédées, mais à l’usage que vous faites des lieux et à l’accueil de tiers.

Aspects pratiques du stationnement et entreposage de véhicules multiples

Au-delà des textes de loi, une question très concrète se pose lorsqu’on possède plusieurs voitures : où les stationner légalement, et dans quelles conditions ? La détention de nombreux véhicules sur un même terrain ou le long de la voie publique peut susciter l’attention du voisinage, de la mairie ou des forces de l’ordre. Là encore, aucune norme nationale ne limite le nombre de voitures que vous pouvez garer chez vous, mais des réglementations locales et des règles de bon voisinage s’appliquent.

On peut comparer la gestion d’un « mini parc automobile » privé à celle d’une petite bibliothèque : on peut accumuler autant de livres que l’on veut chez soi, à condition qu’ils ne débordent pas sur les parties communes et qu’ils ne créent pas de risques (incendie, insalubrité). Pour vos véhicules, il en va de même : tant que vous respectez le plan local d’urbanisme (PLU), les règlements de copropriété et les règles de stationnement sur la voie publique, vous restez dans la légalité, quel que soit le nombre de voitures en votre possession.

Règlements municipaux sur le stationnement résidentiel prolongé sur voie publique

De nombreuses communes encadrent le stationnement prolongé sur la voie publique. Un véhicule qui ne bouge jamais, même parfaitement en règle, peut être considéré comme « ventouse » et faire l’objet d’une mise en demeure, d’une verbalisation voire d’une mise en fourrière. Si vous possédez plusieurs voitures, il est donc déconseillé de toutes les laisser en permanence sur des emplacements publics, même dans votre rue. Certaines municipalités fixent des durées maximales indicatives (quelques jours ou semaines) au-delà desquelles un véhicule immobile peut être suspecté d’abandon.

Pour éviter les problèmes, privilégiez le stationnement de longue durée sur des terrains privés (cour, jardin, parking privé) ou dans des garages et box loués à cet effet. Si vous n’avez pas assez de place, mieux vaut assumer cette contrainte logistique en louant des emplacements supplémentaires plutôt que de saturer l’espace public. En cas de doute, un simple contact avec le service voirie de votre mairie permet souvent d’obtenir des précisions sur la tolérance locale en matière de stationnement résidentiel de plusieurs véhicules.

Solutions de garde-meuble automobile et box de stockage sécurisés

Face au manque d’espace, de nombreuses solutions privées se sont développées : garde-meubles pour automobiles, box fermés sécurisés, garages partagés, parkings souterrains surveillés. Ces formules, facturées au mois ou à l’année, permettent de stocker en toute légalité plusieurs véhicules sans encombrer votre domicile. Elles offrent souvent des prestations complémentaires appréciables pour les collectionneurs : contrôle de l’hygrométrie, mise en charge de batterie, démarrages réguliers, voire convoyage jusqu’à un circuit ou un événement.

Le coût de ces services doit évidemment être intégré au budget global de détention de votre parc automobile. Mais ils constituent une réponse concrète à la question « jusqu’à combien de voitures puis-je posséder légalement ? » : en pratique, votre seule vraie limite devient votre capacité à financer des espaces de stationnement adaptés et sûrs. En confiant certains véhicules à un prestataire spécialisé, vous réduisez aussi les risques de vol, de dégradation ou de conflits de voisinage liés à un stationnement sauvage ou trop visible.

Contraintes des copropriétés et nombre de places de parking attribuées

Si vous vivez en copropriété, le règlement intérieur joue un rôle central dans la gestion de vos véhicules. Il précise généralement le nombre de places de parking attribuées à chaque lot, les règles d’utilisation des emplacements visiteurs et l’interdiction de stationner durablement sur certaines zones (voies de service, espaces verts, accès pompiers). Vous pouvez bien sûr posséder plus de voitures que de places attribuées, mais vous ne pouvez pas les garer n’importe où dans les parties communes sans l’accord de la copropriété.

Dans ce contexte, il devient souvent nécessaire d’acheter ou de louer des places supplémentaires auprès de voisins ou via des solutions externes (parkings publics, box à proximité). Un dialogue avec le syndic et les autres copropriétaires est vivement recommandé si vous envisagez d’augmenter significativement le nombre de véhicules que vous stationnez sur place. Là encore, la loi ne vous interdit pas de posséder plusieurs voitures, mais elle vous oblige à respecter les règles collectives de stationnement, sous peine de litiges et, éventuellement, de procédures judiciaires.